Pérou : la réalisation d’un rêve

Cela fait près de 10 ans que je rêvais de me rendre au Pérou, en particulier pour découvrir les mystérieuses lignes de Nasca. Mais le Pérou a bien plus à offrir, c’est un pays magnifique qui offre une rare variété de paysages, du désert à la jungle en passant par des régions hautes en altitude. Peu importe où vous vous rendrez, les Péruviens vous accueilleront à bras ouverts.

J’ai effectué ce voyage en juillet 2024, donc durant la saison sèche au Pérou. Nous étions deux et mon partenaire parle espagnol, ce qui a grandement facilité les échanges car les Péruviens ne sont pas toujours très bons en anglais (guides compris !). La monnaie est le sol péruvien (PEN) mais les dollars américains sont beaucoup utilisés également. Il y a sept heures de décalage horaire avec la Suisse.

Itinéraire

Nous sommes partis au Pérou pendant deux semaines, ce qui nous a laissé 12 jours pour explorer le Sud du pays. Si vous en avez la possibilité je vous recommande de partir trois semaines afin de visiter le Canyon de la Colca et le Lac Titicaca (peut se visiter depuis la Bolivie également) afin de voir toutes les attractions “classiques” de la région.

Jour 0 : Vols pour Lima
Jour 1 : Paracas
Jour 2 : Nasca
Jour 3 : Cusco
Jour 4 : Puerto Maldonado
Jour 5 : Forêt amazonienne
Jour 6 : Lago Sandoval
Jour 7 : Vallée Sacrée
Jour 8 : Machu Picchu
Jour 9 : Laguna Humantay
Jour 10 : Montagnes arc-en-ciel
Jour 11 : Lima
Jour 12 : Lima et départ
Jour 13 : Arrivée en Suisse

Départ

Après avoir passé une nuit par terre dans l’aéroport de Bâle (on a connu plus confortable), nous avons pris un vol plus que matinal pour nous rendre à Amsterdam, où nous avons pris notre correspondance pour Lima. Nous avons voyagé avec KLM (1360.79CHF aller/retour, les vols pour 2024 étaient chers !), très bonne compagnie aérienne.

Modalités d’entrée

Pour les Suisses, Belges et Français, il suffit d’être en possession d’un passeport valable six mois après l’entrée sur le territoire pour se rendre au Pérou. L’immigration à l’aéroport de Lima était rapide, il a seulement fallu répondre à quelques questions (motif du voyage et durée).

Que visiter

Le pays étant grand, il faut faire des choix si l’on ne dispose pas de longues vacances. Pour une première visite, le sud à l’avantage de présenter les sites les plus connus et une bonne variété de climats.

Paracas

Le premier jour le réveil a été matinal afin de prendre le bus à 5:00 pour Paracas (Cruz del Sur, 70PEN, 3h15, fréquents mais que jusqu’à 13:30). La ville n’est pas très belle et fait bidonville (sauf le front de mer), mais la visite des Islas Ballestas (ou du parc national de Paracas, ce que nous n’avons pas fait) vaut le déplacement.

Nous avons fait un tour en bateau de deux heures (19USD sur ce site) en partant à 10:00. Lors de la visite nous avons pu voir un dauphin solitaire au loin, le fameux Géoglyphe du Candélabre puis les îles. On y trouve de nombreux animaux : otaries, manchots, crabes et moules, mouettes et goélands, etc. Quand nous y sommes allés il y avait moins d’animaux qu’habituellement à cause du phénomène El Niño qui venait de prendre fin.

Nasca

Depuis Paracas nous avons pris un bus pour Nasca (Cruz del Sur, 40PEN, 4h, 4/jours). Le trajet, en plein désert, est très joli, mais nous avons eu plus d’une heure de retard.
Nasca est une ville qui n’est pas très grande et ne vaut pas vraiment la visite en elle-même. On y trouve tout de même quelques ruines nazcas, mais on la visite surtout pour aller voir les célèbres lignes de Nasca et éventuellement le Cerro Bianco qui reste un des meilleurs souvenirs de nos vacances.

Lignes de Nasca/Palpa

Nous avions réservé un vol au-dessus des lignes de Nasca et de Palpa (240$, 1h), mais le camion qui devait amener le kérozène n’est pas venu et nous avons donc dû nous contenter des lignes de Nasca uniquement (100$, 35 minutes), même si il nous a permis de voir quelques lignes de Palpa (l’astronaute ou le bébé condor par exemple). Enormément d’opérateurs proposent un survol des lignes de Nasca, cela revient en général à 80$ (+77PEN de taxes d’aéroport) pour des prestations similaires. Les hôtels peuvent également se charger de la réservation (que je vous recommande de faire quelques jours à l’avance). Le trajet hôtel/aéroport était inclus et il faut savoir que l’on ne sait pas à l’avance à quelle heure exactement l’avion va décoller. Nous avons passé près d’une heure à l’aéroport avant que cela soit notre tour. Je vous recommande de choisir un vol dans la matinée, à ce moment-là l’espace aérien est moins turbulant. Malgré la petite taille de l’avion nous n’avons pas du tout été malades.

Pour que tous les passages puissent voir les lignes, l’avion tourne dans les deux sens au-dessus de chaque ligne inclue dans le plan de vol. Le pilote prévient avant de voir les motifs afin de ne pas en manquer. Le vol était magique, les lignes sont incroyables et le paysage alentours est magnifique. C’était l’un des points forts de notre voyage.

Si vous ne pouvez/voulez pas prendre l’avion, il faut savoir qu’il est possible de voir certains motifs depuis le sol, que ce soit pour les lignes de Palpa ou de Nasca. Mais il n’est malheureusement pas possible de voir les plus connues, comme l’araignée, le condor ou le colibri.

Cerro Bianco

Nous avons eu la chance de pouvoir rapidement voler au-dessus des lignes de Nasca pour nous permettre l’ascension du Cerro Bianco l’après-midi, je vous déconseille de tenter la même chose car je ne sais toujours pas par quel miracle nous avons pu enchaîner ainsi les deux. L’ascension de la dune se fait plutôt très tôt le matin afin d’éviter la chaleur et le soleil de l’après-midi mais nous n’avons pas eu le choix. En réservant un guide par notre hôtel cela nous a coûté 200PEN par personne (400 pour le groupe, qu’il y ait une ou quatre personnes).

Un chauffeur nous a conduit jusqu’au départ de la randonnée, nous avons ensuite marché pendant trois bonnes heures, avant de prendre une pause bien méritée puis de redescendre en sandboard jusqu’en bas (pendant environ deux heures). L’excursion totale aura duré près de sept heures et c’était extraordinaire. Déjà nous avons eu le privilège de voir un couple de condors (qui volaient très haut) puis un autre de buses tricolores qui volaient au-dessus des dunes. L’ascension est rude, surtout en plein après-midi mais la vue au sommet en valait largement la peine, et le coucher du soleil à la descente était l’un des plus beau que j’ai pu voir. Le Cerro Bianco est la plus haute dune du monde culminant à 2090m d’altitude (sa hauteur varie d’une année à l’autre, le sable se déplace), et c’est impressionnant de dominer les montagnes alentours.

Nous ne sommes pas allés dans les dunes vers Ica, donc je ne peux pas comparer les deux, mais je ne regrette pas d’avoir visité le Cerro Bianco.

Puerto Maldonado

Depuis Cusco, Civa assure quotidiennement la liaison avec Puerto Maldonado. Les bus Excluciva (les plus chers, 110-160PEN) doivent être réservés quelques jours à l’avance, mais sont bien plus confortables et ponctuels que les Superciva qui s’arrêtent en chemin pour prendre des passagers (40PEN). Le trajet dure environ 10 heures et se font de nuit, il y en a 2-3 par jour.

De nombreux opérateurs proposent des excursions d’au moins un jour dans la forêt amazonienne, nous avions réservé ce tour (3 jours/2 nuits), mais l’opérateur nous a proposé de payer 240$ en réservant directement par lui (ce qui n’est pas toujours recommandé mais nous n’avons eu aucun problème). L’activité phare de ces tours est la visite du Lac Sandoval, qui peut également se faire sur un jour uniquement. Les deux autres jours étaient plus calmes et moins intéressants mais reposants.
Le lodge était plutôt confortable (chambre avec salle-de-bain privée mais l’eau était froide et brune), les repas délicieux et les guides et cuisiniers nous ont offert un accueil chaleureux. On a eu de la chance car nous avons commencé notre séjour avec 5 autres touristes, mais quand nous sommes partis ils étaient une bonne quarantaine !

Île des singes

Le premier jour, après avoir pris le bateau et avoir rejoint le lodge, nous avons fait un tour en kayak sur le Rio Madre de Dios afin de rejoindre l’île des singes. On y trouve de nombreux capucins (mais ils ne sont pas toujours au rendez-vous), et notre guide leur a donné de la pastèque car les chercheurs d’or avaient l’habitude de les nourrir. Sur le chemin du retour nous avons pu voir deux caïmans, un noir et un blanc, ainsi qu’une famille de capybaras.

Après avoir soupé nous sommes partis explorer la jungle de nuit, ce qui nous a permis de voir plusieurs mygales, un minuscule serpent, un singe et un oiseau gonflé à cause de l’humidité. Nous avons également croisé des fourmis balle de fusil (surnommées ainsi car leur morsure ferait aussi mal qu’une blessure par balle !).
A côté de la lodge principale (celle où nous prenions les repas), nous avons pu voir une mygale surnommée Pinkie qui vit sur un arbre. Elle n’est visible que la nuit.

Canopée

Nous avons débuté la deuxième journée par une randonnée à travers la jungle, mais il faut savoir que les lodges se trouvent une zone tampon, entre la rivière encore souvent illégalement exploitée et le parc national de Tambopata. Il n’y a donc pas beaucoup de vie dans cette région et nous n’avons vu que des fourmis coupe-feuilles et un écureuil !

L’après-midi nous sommes allés dans une lodge voisine pour faire une tyrolienne (très courte mais offre une jolie vue) ainsi que la traversée d’un pont suspendu. C’était très sympa, mais on a un peu dû se battre pour leur faire comprendre que c’était l’activité prévue dans notre programme, et pas de la pêche (tous les groupes présents ne participent pas aux mêmes activités). Au retour nous avons non seulement pu assister à un coucher de soleil magique mais avons également pu voir des dizaines d’aras bleus, dans les arbres mais aussi nous survolant !

Le soir nous avons repris le bateau pour tenter de voir des caïmans blancs, mais la lune était trop forte, donc nous n’avons vu que la même famille de capybaras que l’autre jour !

Lac Sandoval

Déjeuner à 4:00 du matin, départ en bateau à 4:30 afin d’être parmi les premiers au Lac Sandoval, et nous ne l’avons pas regretté ! Non seulement le lever de soleil sur le lac était sublime (et le calme régnait), mais en plus nous avons eu la chance de voir les loutres géantes (plus de 2m de long !). La visite du lac se fait en barque avec des rames, on en fait plus ou moins le tour sauf la zone où les loutres ont leur nid, qui est interdite au public. Nous y avons passé environ quatre heures, ce qui nous a permis de voir en plus des loutres de nombreux oiseaux (dont aras bleus, toucans, ibis et autres), des singes hurleurs et capucins, des caïmans noirs, des papillons (dont morpho bleus), des tortues, etc. C’était extraordinaire.

Une fois de retour au lodge, nous avons pris notre dernier repas avant de reprendre pour une dernière fois le bateau pour rejoindre la civilisation ! Le soir même nous avons repris un bus pour Cusco.

Cusco

Nous sommes passés deux fois à Cusco, la première fois nous arrivions de Nasca avec un bus de nuit (Cruz del Sur, 155PEN, 15h, 2/jours et uniquement de nuit) et repartions le soir même pour Puerto Maldonado, ce qui nous a laissé environ neuf heures pour visiter la ville. En revenant de la forêt amazonienne nous y avons passé quatre nuits mais n’avons eu que peu de temps pour explorer l’ancienne capitale inca. Le centre historique est splendide, nous avons adoré la Plaza de Armas et ses arcades ainsi que le quartier de San Blas (le mirador vaut le coup d’œil). Nous avons visité la ville avec nos sacs d’environ 7kg ce qui était pénible avec l’altitude (3500m). Mais on s’y est fait rapidement.

La ville est très agréable, on aurait facilement pu y passer 2-3 jours de plus pour en profiter, mais une journée nous a suffi pour voir les principaux lieux d’intérêts que nous voulions découvrir. Le seul bémol est que comme la ville est très touristique il y a de nombreux rabatteurs qui vous interpellent partout où vous mettrez les pieds (massages, restaurants, etc.).

Pour visiter la Vallée Sacrée, la Laguna Humantay et la Montagne arc-en-ciel nous avons tout réservé par le même intermédiaire que pour la forêt amazonienne, c’est-à-dire via cette agence. Tout s’est très bien déroulé, je vous la recommande (les prix sont corrects et ce n’est pas une arnaque !).

Vallée Sacrée

Nous avons visité l’intégralité de la Vallée Sacrée avec un tour guidé en une journée, comme des milliers d’autres personnes. Si le tour permet de voir un maximum de spots rapidement et pour pas trop cher, il faut savoir que le temps sur place est extrêmement limité (5-10 minutes par site) et que vous ne serez vraiment jamais seuls !

Nous sommes arrivés de Puerto Maldonado vers 6h00, avons rejoint le centre de Cusco et avons retrouvé le van à 6h50. La première visite était Chinchero, avec une présentation de la fabrication de tissus artisanal très intéressante puis la visite de son centre archéologique. Nous avons poursuivi la visite à Moray avec des terrasses d’agricultures incas, puis une dégustation de sel et chocolats de la région. Nous nous sommes ensuite rendus aux salines de Marras, le site que je voulais voir absolument et que j’ai préféré, les salines sont très belles et créent un joli contraste avec le paysage alentours. Nous sommes allés nous restaurer à Urubamba avant de rejoindre Ollantaytambo. La ville est très charmante mais blindée de touristes ! Il y a un intéressant site archéologique à voir et la route qui y mène est jolie. Finalement on s’est rendu à Pisac, avec des ruines d’habitation et des terrasses d’agriculture. On a encore visité une fabrique de bijoux avant de rentrer à Cusco vers 19:30. C’était très intense avec beaucoup de routes, mais je pense que ça reste l’option la plus simple pour visiter la vallée sacrée (mais pas la plus authentique).

Si vous voulez visiter le Machu Picchu le lendemain de la visite de la Vallée Sacrée, il est possible de rester à Ollantaytambo (d’où part le train pour Aguas Calientes) pour se lever moins tôt et de finir le tour avec Pisac le lendemain.

Machu Picchu

IncaRail propose un voyage bimodal (bus Cusco-Ollantaytambo, puis train jusqu’à Aguas Calientes), ce qui est meilleur marché et fiable. Nous avions pris le premier train à l’aller et l’avant dernier au retour, ce qui nous a laissé largement assez de temps. Le tout nous a coûté 110$. Plus vous réserverez à l’avance, moins ce sera cher. Je vous déconseille d’aller en bus jusqu’à Aguas Calientes car la route est dangereuse. Depuis Aguas Calientes il est possible de rejoindre le Machu Picchu à pied ou en bus, c’est cette dernière option que nous avons choisie. Déjà c’est plus facile d’être à l’heure car on prend le bus en fonction de son heure de visite, et le chemin passe en partie par la route ce qui ne donne pas très envie. On était aussi sûrs de ne pas se faire la cheville avant d’arriver en haut ! Le trajet simple coûte 12$ et l’aller-retour 24, il est possible de réserver les billets ici (ils sont valables toute la journée). Si vous visitez le Machu Picchu relativement tôt, la file pour prendre le bus peut faire peur (c’était le cas à 9:00), mais ça avance vite et on ne vous refusera pas l’entrée si vous êtes en retard.

Le circuit qui a la réputation d’être le meilleur est le circuit 2(B), qui est le seul qui offre la photo “carte postale” du Machu Picchu. C’est celui que nous avons choisi, et nous avons adoré profiter d’une vue en hauteur sur le site (c’est magnifique) ainsi que pouvoir nous rendre au sein de l’ancienne cité. Il faut réserver l’entrée bien à l’avance (au moins trois mois et le plus tôt est le mieux car les places sont limitées). Le site officiel est celui-ci et l’entrée coûte 152PEN pour un adulte ou 77 pour un étudiant (même étranger). La visite nous a pris un peu plus de deux heures sans guide et en prenant le temps d’apprécier la vue. D’ailleurs évitez les visites trop matinales car le site peut facilement être caché par le brouillard et le temps de visite est limité à trois heures (même si je ne suis pas sûre qu’ils contrôlent).
Il y a beaucoup de grands groupes qui visitent le site et les guides nous demandent souvent de nous déplacer pour les laisser prendre des photos aux bons spots ce que j’ai trouvé un peu pénible mais comme ils avancent vite nous les laissions passer et profitions du calme ensuite. Autrement le monde ne se fait pas trop sentir ce qui est agréable. Et si vous n’avez pas encore vu de lamas et alpagas sachez qu’il y en a pas mal dans le champ central.

J’avais compté beaucoup trop de temps à Aguas Calientes, mais nous avons adoré visiter l’immense marché rempli de produits artisanaux (tissus, souvenirs, bijoux…).

Laguna Humantay

Nous avons réservé ce tour avec la même agence et nous a coûté 29$ par personne + 20PEN pour l’entrée du site. Le van devait venir nous chercher aux alentours de 4:15 (oui c’est tôt) mais je crois qu’ils nous ont oublié, heureusement le gars de l’agence a été réactif et un taxi nous a amené au bus ! Ouf ! Il faut se méfier car les oublis ont l’air relativement fréquents.

Après deux heures de route nous nous sommes arrêtés pour déjeuner, avant de refaire une autre heure de route pour rejoindre le départ de la randonnée. Ce n’est pas très loin du départ du trek Salkantay pour le Machu Picchu. Le départ de la marche (3900m) est plat et facile, mais la montée est monstrueuse ! Elle est vraiment super raide et prend une bonne heure si on est rapide, mais c’est un bon entraînement pour la montagne arc-en-ciel qui se trouve 1000m plus haut. Il est possible de louer un cheval (nous ne l’avons pas fait) et j’ai dû faire un nombre incalculable de pause pour calmer mon pouls ! Mais une fois au sommet (4200m), c’est oublié tant la vue est magnifique !

La descente se fait très rapidement et on ne sent pas l’altitude. Sur la route du retour nous avons fait un premier arrêt pour dîner dans le même restau que le matin, puis un peu plus loin pour manger de la glace artisanale. La circulation dans la périphérie de Cusco est dense et nous sommes rentrées aux alentours de 18:30.

Montagnes arc-en-ciel

Les montagnes arc-en-ciel peuvent se visiter en autonomie (ce qui permet d’éviter la foule), mais nous avons préféré passer par une agence car 29$ la journée avec l’entrée du site, deux repas et le transport me semble être un prix imbattable.

Un minibus est venu nous récupérer à l’hôtel vers 5h et nous avons roulé deux heures avant de nous arrêter pour déjeuner à un buffet. Nous avons ensuite roulé une heure supplémentaire pour atteindre les montagnes arc-en-ciel. Le départ de la randonnée se fait à presque 5000m d’altitude et heureusement que le sentier pour y aller est majoritairement plat ! L’ascension est rude, surtout quand ça monte à la fin et prend 1h-1h30. Le guide nous a mis de l’eau de Floride sur les mains avant de partir pour mieux respirer et je trouve que ça aide, mais cela ne m’a pas empêché de prendre de nombreuses pauses pendant la montée et d’avoir mal à la tête au sommet.

L’effort se fait immédiatement oublié par la vue à couper le souffle, sur la montagne mais aussi sur toute la vallée colorée ! Il y a du monde mais c’est magnifique et les couleurs sont aussi bien visibles sans filtre.

Si vous vous sentez en forme, je vous conseille vivement de visiter la Vallée Rouge, qui se situe juste à côté. Il faut payer 20PEN pour y accéder et la vue est à couper le souffle. Sa visite prend une bonne heure et n’est pas trop pénible, sauf la montée à la fin et la descente pour rejoindre le sentier principal. Nous avons fait cette visite sans le guide, n’hésitez pas à demander au vôtre si vous pouvez visiter cette partie car il ne le mentionne pas forcément si personne ne lui pose la question. Cette partie est la plus haute en altitude, un panneau indique 5045m.

Au retour nous nous sommes arrêtés dîner au même buffet que le matin avant de rentrer à Cusco vers 15:30. Cette journée était incroyable, les paysages uniques et nous étions très fiers d’avoir dépassé les 5000m ! Avec l’altitude il fait froid et je vous recommande de bien vous habiller (bonnet et gants compris) et de ne pas oubliez de vous protéger contre le soleil, très agressif en altitude. Prendre un médicament de type Diamox réduit le mal de l’altitude.

Lima

Nous avons pris l’avion depuis Cusco (JetSmart, 54CHF, vols matinaux conseillés pour éviter les annulations), le trajet en bus semblait bien trop long !
Comme nous sommes arrivés tôt à Lima, nous avons pris un taxi Green à l’aéroport afin de rejoindre notre hôtel et de nous joindre à un free walking tour (le guide vient nous chercher à l’hôtel à 10:30). Cela nous a permis de visiter le centre historique avec un guide, ce qui est rassurant car le centre n’a pas très bonne réputation (mais nous ne nous y sommes pas sentis en insécurité). La Plaza de Armas et la rue commerçante qui y passe sont très jolis, tout comme la Basilique et monastère Saint-François-d’Assise. On retrouve de nombreux bâtiments coloniaux, ce qui ajoute du charme.

Nous avons ensuite exploré les falaises du quartier de Miraflores. C’est joli mais on ne va pas se mentir, Lima est l’étape la moins intéressante de notre voyage, surtout qu’à cette période un épais brouillard cache le soleil. Pour notre dernière journée nous avons décidé de visiter la pyramide d’Huaca Pucllana avant de rejoindre l’aéroport. La visite dure une heure et doit obligatoirement être accompagnée d’un guide. Je n’ai pas trouvé la visite spécialement intéressante mais le site est original car les briques ont été posées verticalement et non horizontalement. C’était une bonne manière de terminer notre voyage au Pérou.

Retour

Nous avons ensuite pris un Uber pour rejoindre l’aéroport de Lima. Nous avons embarqué pour notre vol KLM à destination d’Amsterdam. Une escale de près de quatre heures nous a permis une visite express de la ville avant de prendre notre dernier vol pour Bâle.

Carnet pratique

Transports

Le réseau de bus au Pérou est très développé et il est possible d’aller à peu près partout en transports publics. Il faut néanmoins faire attention car les accidents sont très fréquents, les compagnies à favoriser sont Cruz del Sur et Civa. Les bus sont un peu chers mais très confortables et plutôt ponctuels.
Il n’y a pas de train au Pérou (sauf pour se rendre à Aguas Calientes).
Plusieurs compagnies aériennes proposent des liaisons internes bon marchés, mais il faut se méfier de l’altitude. J’ai eu bien mal aux oreilles lors de l’atterrissage à Lima, car en venant de Cusco le dénivelé était important !

Logements

A Lima les hôtels sont relativement chers, ce n’est pas le cas ailleurs. L’offre est importante et même les hostels bon marchés sont confortables. L’eau chaude ne fonctionne pas toujours très bien mais nous avons souvent eu une salle-de-bain privée.

Nourriture

La nourriture péruvienne est délicieuse ! On retrouve une forte influence asiatique, que ce soit dans le ceviche ou dans des plats de nouilles avec sauce soja et légumes sautés. La viande est toujours parfaitement assaisonnée, même leur riz blanc est délicieux ! Je vous conseille de tester le lomo saltado ainsi que le “steak du pauvre”, deux plats traditionnels. Le jus de maïs est aussi très bon. Les infusions de coca, réputée pour aider en altitude se trouvent partout mais ça n’a pas beaucoup de goût et sent le gazon !

Au restaurant, il faut compter environ 10CHF par personne et par repas dans un restaurant traditionnel.

Nous ne sommes pas tombés malades, il faut néanmoins éviter les légumes/fruits qui auraient pu être lavés à l’eau (qui n’est pas potable).

Argent

La plupart des hôtels et restaurants acceptent la carte mais ce n’est pas toujours le cas, je vous recommande donc de toujours avoir de quoi payer vos consommations en cash au cas où, même à Cusco. Les USD sont acceptés partout mais le taux de change n’est pas favorable (1$ = 3.5PEN au lieu de 4PEN pour nous). Il est rare de pouvoir tirer plus de 400PEN à la fois et il y a souvent une commission de 25PEN ou moins. La Banco de la Nación est réputée pour ne pas avoir de frais mais les succursales sont peu fréquentes et n’ont jamais fonctionnées pour nous.

Sécurité

Etonnement nous nous sommes vraiment sentis en sécurité tout au long de notre voyage. Mis à part dans les bus (où ils conduisent comme des malades !), nous n’avons jamais eu peur, au contraire. Les Péruviens sont extrêmement chaleureux et accueillants, ça a été un plaisir du début à la fin. Il faut faire preuve de bon sens, c’est clair, comme évitez de sortir la nuit et éviter les mauvais quartiers mais pour le reste vous pouvez explorer le Pérou l’esprit tranquille.

Bilan

Ce voyage a été celui que j’ai préféré. Le Pérou est un pays magnifique avec une rare variété de paysages et de climats. Les Péruviens sont extrêmement gentils et prévenants. La nourriture est délicieuse et bon marché, et en bonus il y a des chiens habillés partout !

Budget

Transports internationaux : 1360.79
Transports internes : 324.37 (123CHF de bus, 110.92 de train, 54CHF de vol interne, 13.45CHF en Uber, 23CHF de taxis)
Activités : 510CHF
Logements : 96CHF
Nourriture : 247CHF
(Souvenirs : 55CHF)
Total : 2538CHF

Coups de cœur

C’est très dur de classer les différentes étapes de notre voyage, tant tout était extraordinaire, mais je dirais que j’ai préféré :

  1. Machu Picchu (incroyable de le voir en vrai !)
  2. Lignes de Nasca (j’ai attendu ce moment toute ma vie)
  3. Cerro Bianco (pas prévu au départ et ce fut une magnifique surprise)
  4. Montagnes arc-en-ciel (magnifiques couleurs et record d’altitude !)
  5. Lac Sandoval (faune unique avec une magnifique luminosité au lever du soleil)
  6. Laguna Humantay (jolie vue et beau défi)
  7. Cusco (charmante ville)

Paracas, la Vallée Sacrée et le reste de la forêt amazonienne étaient aussi très sympas et je vous les recommande. Lima est juste une étape obligée que nous n’avons pas spécialement aimé mais je suis contente d’avoir vu ses falaises !

Nous avons failli négliger les dunes de sables (souvent visité à Ica) et je trouve que ça aurait été dommage car déjà le sandboard c’est vraiment amusant et la vue est juste splendide ! De plus on n’en trouve clairement pas partout.

Guide

Le Lonely Planet Pérou (8ème édition) est à jour et complet, comme d’habitude. Il est toujours pratique pour se renseigner sur les coutumes des pays, les infos pratiques tant sur la santé que sur la sécurité ainsi que pour se renseigner sur les transports publics.

Conclusion

Notre voyage au Pérou était extraordinaire. Nous avons vu des paysages exceptionnels, une faune variée et avons rencontré des gens sympathiques. Je ne peux que vous recommander cette destination fascinante !

Rio de Janeiro : mon premier voyage solo

La ville merveilleuse est une destination qui fait rêver, entre ses plages de rêve, le Christ Rédempteur et le Pain de Sucre. Mais elle laisse de nombreuses appréhensions, dues à sa mauvaise réputation (favélas, trafique de drogue, …). Ancienne capitale portugaise puis brésilienne, Rio saura vous conquérir. Les habitants sont très chaleureux (même s’ils ne parlent souvent pas anglais) et leur joie de vivre est contagieuse. Ville aux quartiers divers et variés, à la végétation luxuriante et aux plages omniprésentes, elle ne vous laissera pas indifférents.

Ce voyage m’a prise par surprise, car je me suis rendue au Brésil dans le cadre de Science et voile avec Gaia, j’ai donc rejoint le voilier Gaia et son équipage à Rio pour rédiger un travail de recherche en mars 2023. J’ai néanmoins passé quelques jours seules à explorer la ville et je vais vous partager mes découvertes dans cet article. La langue nationale est le portugais et la monnaie le real brésilien (BRL).

Départ

Les vols pour Rio de Janeiro sont fréquents depuis l’Europe. Je suis partie de Genève et ai voyagé avec KLM (escale à Amsterdam) pour 832.40CHF aller-retour (en réservant 3 semaines à l’avance !). Les prix sont souvent chers (plus de 1000CHF) et estime que je ne m’en suis pas trop mal sortie pour le mois de mars (fin de l’été au Brésil). La compagnie la moins chère est Air France mais si j’étais partie avec eux je n’aurais pas pu arriver le 8 mars (le vol Genève-Paris avait été annulé pour grève !). Le vol Amsterdam-Rio dure 12 heures.

Après avoir atterri à l’aeroport international (GIG), j’ai pris un taxi officiel pour rejoindre mon hôtel (100BRL pour Leme). Pensez à demander le tarif à votre hôtel avant et à le comparer à celui du taxi, même si vous prenez un officiel. Un chauffeur de taxi jaune (donc officiel) a tenté de me vendre le trajet pour 250BRL! Il est aussi possible de prendre des Uber mais ils n’ont pas accès à la sortie immédiate du terminal (que pour les taxis).

Modalité d’entrée

Pour les citoyens suisses, français et belges un passeport valide 6 mois est nécessaire pour entrer et il n’y a pas de visa à avoir (séjour inférieur à 90 jours). Au moment où je suis arrivée il fallait apparemment être en possession d’un pass Covid mais je n’ai pas eu à le présenter (vérifier les dernières informations sur Kayak). J’avais entendu parler d’un document à remplir et à donner à l’immigration à l’arriver et au départ mais ce n’est plus d’actualité je suppose car je n’en ai pas vu. Il faut également être en possession d’un billet de sortie, d’une assurance maladie valable au Brésil et ne pas avoir de matériel à revendre (attention aux affaires neuves !), mais je n’ai rien eu à justifier.

Que visiter

La ville de Rio est vraiment immense, et je vous recommande d’y passer 4 jours pour vous laisser le temps de visiter l’essentiel. C’est le temps que j’y ai passé et j’ai pu visiter les lieux qui me tenaient à cœur mais n’ai pas eu l’occasion de visiter le moindre musée (mais d’explorer une partie de la jungle) ! Si vous souhaitez y passer le minimum de temps, je vous conseille d’y passer deux jours, afin de voir les principaux lieux touristiques. En restant un jour de plus cela vous laisse le temps de visiter une favéla, un indispensable selon moi.

Corcovado

Que serait Rio sans son très célèbre Christ Rédempteur ? Cette nouvelle merveille du monde se trouve au sommet du Corcovado, au cœur de la forêt tropicale de Tijuca. Le Christ a souvent la tête dans les nuages, je vous conseille donc de planifier votre visite le jour d’avant (les billets de train doivent être acheté la veille, même si avec un peu de chance c’est possible le matin même). Sinon il est également possible de rejoindre le sommet en van mais il paraît que le trajet est moins spectaculaire. J’avais réservé les billets de train sur ce site pour 27.60€ que j’avais réservé le jour même. J’avais opté pour ce site car le site officiel était indisponible. Donc je constate aujourd’hui qu’il est plus rentable d’acheter vos billets sur le site officiel (117.5R$ en haute saison, soit moins de 22CHF et on peut choisir son horaire). Je ne pouvais pas choisir l’heure, donc ma visite a eu lieu vers 12h. Pour limiter la foule il vaut mieux venir à l’ouverture, soit à 8:00. Mais dans tous les cas ne vous attendez pas à être seuls.
Attention à ne pas oublier votre passeport (ou une copie pour éviter de se le faire éventuellement voler) car on vérifie votre identité avant d’embarquer (et c’est souvent le cas à Rio).

Pain de Sucre

Le Pain de Sucre offre, selon moi, la plus belle vue sur Rio (et même l’une des plus belles du monde ?!). Pour profiter d’une magnifique luminosité je vous recommande de venir en fin de journée. Je vous recommande d’acheter vos tickets en ligne pour éviter la file. Il faut compter 160R$ par adulte, et 80R$ pour les étudiants, les moins de 21 ans… donc c’est très intéressant ! Cela vous permet ensuite de prendre les 2 téléphériques pour rejoindre le sommet.
Il faut également prendre une pièce d’identité (ou copie), à présenter avec le ticket.

Copacabana

Ma découverte de Rio a commencé par cette célèbre plage, et elle m’a rapidement fait prendre conscience que j’étais bel et bien à Rio. Ce moment était grisant.
Copacabana est l’une des deux célèbres plages de Rio (l’autre étant Ipanema, même s’il y en a beaucoup plus !) et elle vaut vraiment le coup d’oeil. La plage est magnifique, bordée de mosaïques qui rappellent le Portugal. Tôt le matin vous croiserez de nombreux sportifs qui profitent encore de la fraîcheur matinale, vite remplacé par les Cariocas et touristes qui vont passer leur journée à la plage. Longue de plus de 3km (et attelée à la plage de Leme), cette plage paradisiaque fait rêver. Entre les sportifs et les vendeurs ambulants, on se croirait dans une carte postale. Je ne suis pas très plage mais il y a des douches publiques (sans cabine), de nombreux restaurants et bars attenants et il est possible de louer parasoles et chaises longues sauf erreur.

Fort de Leme

En allant à Rio j’avais envie de découvrir la biodiversité locale. Comme je n’ai pas pu voir de ouistitis auprès du Christ, je me suis décidée à me rendre à ce fort. Il ouvre à 9:00 et le départ se trouve à proximité d’une base militaire. La montée est un peu rude et il n’y avait pas de vent donc je vous conseille de venir tôt. J’avais des articles/témoignages parlant d’une entrée payante mais pour moi cela a été gratuit. La montée dure environ vingt minutes et permet l’observation de ouistitis (durs à trouver car ils sont vraiment minuscules, environ la taille d’un écureuil), de morpho bleus et autres papillons, ainsi que de nombreux lézards. La vue au sommet sur Copacabana et le Pain de Sucre est très belle.

Ipanema

Ipanema, l’autre somptueuse plage de Rio, dominée par les Dois Irmãos (si vous voulez faire la randonnée qui y mène, sachez qu’il ne faut pas y aller seuls, qu’il faut traverser une favéla en moto-taxi et payer des gardes armés au sommet 10-20R$, mais il paraît que la vue est splendide). Par contre, contrairement à Copacabana, les vagues y sont plus violentes donc restez vigilants ! La plage est un peu moins longue que celle de Copacabana et est aussi bordée de pavés magnifiques. Elle est souvent privilégiée car le quartier jouit d’une réputation plus sûre (je n’ai personnellement vu aucune différence !).

Santa Teresa

Ce quartier est connu et très charmant, mais il faut être prudent lors de sa visite. Il y a en effet beaucoup de favélas dans ce quartier et il est déjà arrivé que des touristes se trouvent dans la favéla par inadvertance et s’y fassent tuer… Cela ne doit pas vous empêcher de visiter Santa Teresa mais gardez leurs histoires en tête et restez attentifs à là où vous mettez les pieds !
Un bon moyen de visiter le quartier en toute sécurité est d’emprunter le tram (vous trouverez plus d’informations sous Lapa). Le trajet nous permet de traverser Santa Teresa, certes rapidement, mais ça nous laisse tout de même profiter de l’architecture coloniale. Le Parc de Ruines est également assez connu et offre une jolie vue. C’est agréable de flâner dans les environs, et il est possible de rejoindre les Escaliers de Selaron depuis ce quartier (via son sommet).

Centro

L’ambiance du Centro détonne avec les autres quartiers plus touristiques. De hauts buildings rappellent les Downtown américains, mais l’ambiance y est aussi beaucoup plus oppressante. Je ne vous recommande pas de visiter le Centro le week-end car le quartier est pratiquement désert, hormis les quelques touristes et des gens qui ne nous mettent pas à l’aise. J’y suis allée un samedi, mais avec Free Walker Tour. Le tour est gratuit mais doit être réservé et il dure trois heures. Le tour permet donc de découvrir le centre de Rio et son histoire. On passe entre autres par le Théâtre National ou la Pâtisserie Columbo (les coxinha de galinha com queijo sont à tomber !), avant de finir aux très célèbres Escadaria Selaron (qui sont malheureusement bondé à cette heure, surtout le week-end).

J’ai enchaîné l’après-midi avec le tour sur l’héritage africain. Ce tour est extrêmement enrichissant et on nous explique bien l’histoire de l’esclavage au Brésil. On visite divers endroits marqués par ce sombre passé, notamment les ports et places qui ont contribués à la traite des esclaves. On se rend ensuite dans des quartiers avec une forte influence africaine, c’est vraiment sympa. On visite également l’Olympic Boulevard, qui est couvert de street art. Le tour dure également trois heures et est un bon complément au premier tour que j’avais fait.
Ces tours sont gratuits et il faut simplement donner un pourboire à notre guide à la fin. Je ne savais pas trop combien donner, et Lonely Planet parle d’environ 50R$ par tour, c’est donc ce que j’ai fait.

Lapa

Les escaliers de Selaron se trouvent à Lapa, et valent vraiment la visite. Vous pourrez chercher la catelle de votre pays, elle y est certainement, et j’en ai d’ailleurs trouvées deux qui représentent la Suisse ! Cependant soyez prudents lors de votre visite car on sent que les environs sont moins sûrs que d’autres parties de la ville. Il n’y a aucun problème en haut des escaliers, mais le bas est un peu glauque avec de nombreux sans-abris.

Pas très loin de ces escaliers se trouvent les Arches de Lapa, sur lesquelles passent le dernier tram traditionnel (qui est similaire à ceux que l’on trouve au Portugal). Il faut néanmoins que vous soyez vigilants auprès de ses arches car il y a beaucoup de sans-abris et les vols sont courants. Ce n’est pas une raison pour ne pas y aller mais restez attentifs et ne vous attardez pas (vous n’en aurez de toute manière pas envie).
Si vous souhaitez prendre le tram, le prix est de 20R$ aller-retour et par personne. Il y a souvent beaucoup d’attente car il n’y a pas beaucoup de place, et certaines sont réservées aux Cariocas.

Finalement, à Lapa je vous recommande vivement de visiter la Cathédrale Métropolitaine, qui a une architecture très originale ! Je ne trouve pas l’extérieur intéressant, mais l’intérieur est assez exceptionnel. L’entrée est gratuite.

Favéla de Rocinha

Je sais que les avis concernant les visites des favélas sont généralement mitigés. Mais je ne pouvais pas me rendre à Rio sans en visiter une, cela fait partie intégrante de la ville et de sa culture. Mais ne visitez jamais une favéla de la Zona Norte et je vous recommande d’être accompagné d’un guide, même dans les favélas pacifiées (par exemple il est interdit de prendre des photos à certains endroits, là où se concentre le trafic de drogue mais cela n’est indiqué nulle part et peut poser de gros problèmes). J’avais choisi ce tour de 3h pour environ 30CHF. Le guide connaissait parfaitement la favéla et a pu nous donner énormément d’informations pertinentes. C’est clairement l’expérience la plus marquante de mon séjour au Brésil.

Rocinha est la plus grande favéla du pays, et d’après notre guide (car il n’y pas de statistiques officielles), il y a 250’000 habitants sur 4 km2, soit 16m2 par personne ! La favéla a été pacifiée mais est tout de même contrôlée par des trafiquants dangereux.

On passe par quelques points de vue pour se rendre compte de l’étendue de la favéla, puis on redescend à travers les rues et ruelles. J’ai été marquée par les conditions de ces habitations, avec des fils électriques partout (l’électricité est volée), des constructions vétustes (qui parfois s’effondrent et font des victimes), des ruelles si étroites que la lumière ne passe plus. Ce qui m’a le plus marqué, c’est qu’à Rio il y a une très importante mixité, avec de nombreux métissages. Or, dans les favélas, les seuls blancs sont les touristiques accompagnés d’un guide, ce qui laisse un dérangeant sentiment impérialiste.

Forêt de Tijuca

Je me suis rendue dans le parc national le plus visité du Brésil : la forêt tropicale de Tijuca. C’est dans celle-ci que se trouve le Christ, mais on y trouve aussi de nombreux animaux et une magnifique végétation. J’ai participé à un tour guidé proposé par Rio Natural (250R$ pour 4 heures), et le guide était très sympa (mais avait un anglais un peu bancal, il apprend encore !). Comme notre groupe était motivé à marcher nous avons passé la visite à randonner dans le parc. Comme j’y suis allée un dimanche, il y avait beaucoup de monde et nous n’avons pas vu d’animaux (sauf des papillons et morpho bleus). Le site est tellement sauvage que c’est dure à croire que l’on se trouve au cœur de Rio ! Ça fait du bien de se retrouver au calme, loin de l’agitation de la ville, et surtout au frais !

Environs de Rio

Ilha Grande

Comme je me déplaçais sur un voilier (et qu’en plus je n’ai aucune connaissance et donc n’ai rien géré concernant la navigation), je ne peux pas vraiment vous renseigner sur l’arrivée à Ilha Grande. Il me semble qu’il faut prendre un bus de Rio à Angra dos Reis, puis un bateau jusqu’à l’île, mais je ne connais pas les horaires. L’île a une faune très riche (même si je n’ai pas vu grand-chose) et des plages magnifiques.
Je ne peux pas vraiment vous conseillez de visites, car je ne suis pas vraiment convaincue des miennes. C’était certes joli mais j’aurais aimé me rendre dans des endroits avec une faune visible (autre que juste des grosses araignées) et des randonnées dans la jungle. Mais je peux tout de même vous conseillez d’aller à Praia do Pouso, qui est une très belle plage, puis d’emprunter le sentier pour rejoindre la plage Lopez Mendez. Son sable est blanc et tellement fin qu’ils crissent sous nos pieds.

Paraty

Si vous avez le temps, je vous recommande vraiment de vous rendre dans cette magnifique ville coloniale. Son quartier historique avait été construit par les Portugais et servait de port de ralliement pour exporter l’or trouvé dans les alentours. Comme il n’y avait pas de système d’égout, la ville a été construite pour qu’une marée par mois s’infiltre dans les rues et donc nettoie le centre !
Le quartier historique est rapidement visité (deux heures suffisent à en faire le tour), et le reste de la ville est sympa mais sans plus. Il me semble qu’il y a quelques activités sympas à faire aux alentours mais je ne sais pas lesquelles, mais pour visiter uniquement Paraty une journée suffit. La ville est connue et touristique, mais les ruelles sont villes, même en pleine saison. C’est vraiment un pur bonheur de flâner dans le centre.

Retour

Je suis retournée à Rio depuis Paraty en bus. Les bus sont fréquents et ponctuels et j’ai voyagé avec la compagnie Costa Verde (88.90R$). Le trajet dure un peu moins de cinq heures, le trajet est joli et les bus très confortables. Ensuite j’ai rejoint l’aéroport en taxi depuis la gare des bus (malheureusement le taxi n’avait pas de compteur et m’a fait payer trop cher, sans me rendre la monnaie en prime !). Je suis arrivée avec 10 heures d’avance (oui c’est long), mais je n’avais pas envie de me balader en ville avec toutes mes affaires.

Carnet Pratique

Hébergement

Je crois avoir trouvé l’un des meilleurs hostel du monde lors de ce séjour ! J’ai passé 5 nuits à l’Aquarela do Leme (93CHF), situé au début de la favéla Babylonia, et oui le quartier (je ne suis pas montée plus dans la favéla ceci dit) est safe. Le (petit-)déjeuner est inclus et est délicieux. Il y a aussi de l’eau filtrée à disposition et une cuisine. La vue est juste magnifique et les dortoirs disposent de lits avec rideaux (ce qui change vraiment l’expérience). Le staff est super sympa et utile. Je vous recommande vraiment ce logement, situé à moins de 10 minutes à pied de la plage de Copacabana/Leme.

Transports

Il y a des transports publics (bus et métro) mais je ne les ai personnellement pas utilisés. Le métro a l’air sûr et pratique, tandis que les bus sont très lents (d’après leurs horaires). Pour une sécurité maximale j’ai préféré me déplacer exclusivement à pied ou en Uber (éventuellement en taxi, depuis l’aéroport par exemple). Les tarifs sont plus que corrects et le service efficace (en revanche les chauffeurs ont tendance à être plus concentrés sur leur téléphone que sur la route…). Le taxi est plus cher et les arnaques fréquentes (surtout vers l’aéroport et la gare des bus), donc éviter les taxis ou le chauffeur n’est pas dans son véhicule, ou demandez-lui le prix avant (car leur compteur ne fonctionne jamais dans ces cas-là !).

Argent

Oui les arnaques et les vols existent, donc il faut prendre quelques précautions. Je vous recommande d’avoir du cash avec vous (j’avais échangé le mien en Suisse pour éviter de me faire pirater ma carte dans un distributeur car c’est fréquent à Rio, y compris à l’aéroport) pour éviter d’utiliser votre carte dans des endroits qui vous semblent frauduleux (certains taxis dont le compteur “ne fonctionne pas” qui pourraient vous faire payer à double, prétextant une erreur du lecteur). Autrement la carte est acceptée partout et je n’ai jamais eu de frais supplémentaire. Le cash peut aussi vous servir si vous voulez vous rendre à la plage, vous pouvez prendre le minimum nécessaire et éviter de vous faire voler votre carte de crédit !

Santé

L’eau de Rio (et du Brésil en général) n’est pas réputée potable et donc vous la déconseille (ou il faut la filtrer). Il faut également être attentif à la nourriture froide, mais je ne suis jamais tombée en malade en mangeant des fruits et salades.

Il faut faire attentions aux moustiques. La journée ils peuvent transmettre la Dengue, et le Zika la nuit. Le risque de Malaria est inexistant le long de la côte, celui de fièvre jaune est très faible. Mais je vous recommande de vous faire vacciner avant de partir. En l’attrapant les risques de décès sont très élevés pour les touristes et il ne suffit que d’une dose 10 jours avant le départ (une deuxième peut être recommandée après 10 ans mais pas par l’OMS).

Prenez de l’anti-moustiques contre les moustiques et leurs maladies bien entendu, mais aussi contre les midges ! Il n’y en a pas à Rio, mais beaucoup sur Ilha Grande ! Ce sont des petites mouches qui piquent.

Nourriture

La nourriture brésilienne est DELICIEUSE. Ne partez pas avant d’avoir goûté des fruits tropicaux (banane, mangue, ananas et j’en passe !), ils sont tellement meilleurs que chez nous ! On trouve bien évidemment beaucoup de poissons et fruits de mer, délicieux en moqueca (existe également à la banane), une sorte de sauce avec tomates, poivrons et lait de coco, accompagné de riz et du manioc.

Sécurité

Il est possible que vous ayez sauter l’article pour lire uniquement cette rubrique, mais dans tous les cas la sécurité est certainement votre préoccupation principale. Honnêtement j’étais comme vous avant de partir, surtout que je n’étais jamais partie seule. Je ne me suis pas sentie en danger, au contraire, même s’il faut respecter quelques règles.

Ne montrez pas le moindre signe de richesse (marques, bijoux, appareils électroniques), ce serait tenter le diable. Gardez en tête que le salaire minimal est de 1300BRL/mois, soit moins de 230CHF. Pensez-y avant de sortir votre dernier iPhone ! Donc avant de prendre des photos il faut être conscient de son environnement, jetez un coup d’œil aux alentours. Ensuite s’il y a des endroits où vous ne vous sentez pas à votre aise, marchez vite et d’un pas décidé. Il est primordial d’avoir une bonne connaissance géographique de l’endroit où on se trouve. Je me suis baladée avec mes affaires dans un tote bag ou dans un sac à ficelle et tout c’est bien passé. J’avais également une banane invisible sous mon t-shirt avec mon porte-monnaie, ainsi qu’un porte-monnaie factice contenant un billet de 50BRL à donner en cas d’agression. Si on tente de vous voler vos affaires laissez-vous faire, vos agresseurs seront probablement armés.

Ne visitez pas de favéla seul sans l’avis contraire d’une personne qui s’y connaît. J’ai visité Rocinha avec un guide et il nous a indiqué plusieurs fois de ne pas prendre de photo car les trafiquants se trouvaient dans ces zones, ce que l’on ne voit pas seul. Certaines favélas pacifiées peuvent tout de même être hostiles aux visiteurs inconnus (les guides connaissent les habitants).

Bilan

Budget

Le budget de mon voyage n’est pas très représentatif, car sur les deux semaines que j’ai passées au Brésil je n’ai payé que mes vols, le bus pour retourner à Rio depuis Paraty et 4 jours sur place. Mais cela vous donne une idée du coût de la vie.

Avion : 832.4CHF
Logement : 93CHF
Activité : 145CHF
Nourriture : 60CHF
Transports : 65CHF
Total : 1150.4CHF

Coups de cœur

  1. Le sommet du Pain de Sucre
  2. Le Corcovado et le Christ Rédempteur
  3. La plage de Copacabana
  4. Le fort de Leme (pour les ouistitis)
  5. La plage d’Ipanema
  6. La forêt de Tijuca
  7. Santa Teresa et Lapa
  8. Le Centro

Guide

J’ai minutieusement préparé mon séjour en lisant de nombreux articles de blog sur le thème de la sécurité. Une fois rassurée, j’ai organisé mes visites avec l’aide du Lonely Planet Rio de Janeiro. J’avais également acheté Rio de Janeiro en quelques jours du même éditeur mais je ne vous le conseille pas. Il parle de Rio comme de n’importe quelle ville européenne, et ne mentionne pratiquement pas la sécurité.

Conclusion

Avant de partir au Brésil, j’ai eu des phases où je me réjouissais vraiment, et d’autres où j’avais peur et regrettais presque mon choix de partir. C’est normal avec tout le mal que l’on entend sur Rio dans les médias, on se forge forcément une mauvaise opinion. Mais j’ai vite réalisé que la réalité est loin des clichés et que ce voyage vaut vraiment le coup. La ville est magnifique, tout comme sa région (et probablement le reste du pays). Les Brésiliens sont sympathiques et chaleureux et laissent plus de bons que de mauvais souvenirs. J’espère sincèrement que vous sauterez le pas à votre tour et que vous partirez explorez la ville merveilleuse !