Namibie : voyage en terres inconnues

La Namibie, située en Afrique australe, est un pays encore méconnu qui n’accueille qu’un nombre limité de touristes chaque année. Réputée pour ses paysages exceptionnels et sa faune variée, c’est le pays parfait pour partir en safari de manière indépendante et sûre. Le pays est très pauvre mais les habitants ont un grand cœur et rendront votre périple inoubliable. Si vous rêvez de voir les derniers éléphants totalement sauvages d’Afrique, le plus vieux désert du monde ou encore des centaines d’espèces d’oiseaux exotiques, n’attendez plus et foncez en Namibie !

Le pays est vingt fois plus grand que la Suisse et trois fois moins peuplé. Sa langue nationale est l’anglais mais on y parle 14 dialectes (dont certains avec des clics !). Sa monnaie est le dollar namibien (NAD), qui est à parité avec rand sud-africain (il est possible de payer en Namibie avec les deux monnaies qui ne sont pas différenciées, mais je ne crois pas que le dollar namibien soit accepté partout en Afrique du Sud).

Itinéraire

Jour 1 : Vol Genève-Doha
Jour 2 : Vol Doha-Windhoek, nuit à Sesriem
Jour 3 : Sossuvlei
Jour 4 : Sesriem – Swakopmund
Jour 5 : Cape Cross
Jour 6 : Swakopmund – Twyfelfontein
Jour 7 : Twyfelfontein et le Damaraland
Jour 8 : Twyfelfontein – Etosha
Jour 9 : Etosha
Jour 10 : Etosha
Jour 11 : Etosha – Windhoek
Jour 12 : Vol Windhoek-Doha
Jour 13 : Arrivée à Zurich depuis Doha

Il y a tout un tas d’autres endroits que j’adorerais visiter lors d’un prochain voyage (Bwabwata National Park, le Fish Canyon River, Sandwich Harbour ou encore les Chutes Victoria, proche de la frontière). Mais il y a bien fallu faire des choix et ces endroits sont relativement éloignés de nos autres points d’intérêts (sauf Sandwich Harbour mais j’y reviendrai).

Départ

Nous sommes partis du 5 au 17 octobre (soit du 6 au 16 en Namibie) 2019. L’avantage de partie à cette saison est que la saison sèche touche à sa fin et donc les animaux sont plus facilement observables à Etosha (ils dépendent des points d’eau du parc, qui sont indiqués pour les visiteurs), mais il est aussi possible d’avoir de la pluie qui rendra les animaux plus discrets. Dans l’hémisphère Sud, on se trouve donc au printemps et les températures sont agréables (il fait chaud sont que cela soit insupportable).

Nous nous sommes rendus à Windhoek avec Qatar Airways. Peu de compagnies aériennes se rendent en Namibie sans passer par un autre pays d’Afrique (il y a aussi Lufthansa mais les billets sont bien plus chers). C’est le cas de Qatar Airways mais les vols directs à l’aller ne sont opérés que le lundi, mercredi et vendredi, le mardi, jeudi et samedi pour le retour. Pour obtenir vos vols au meilleur prix, privilégiez les vols avec une seule escale (les jours que j’ai mentionnés peuvent être modifiés, ce n’était pas les mêmes en 2019).
Nous sommes partis le 5 octobre à 16:55 de Genève pour atterrir à Doha à 00:05, avant de repartir à 2:10 pour arriver à Windhoek à 10:40. Les contrôles de sécurité à Doha était très efficaces (nous n’avons pas eu d’attente) et les vols se sont parfaitement déroulés. La compagnie aérienne est excellente (même si je ne cautionne pas la politique du pays). Les vols reviennent à environ 750CHF par adulte pour le mois d’octobre (si réservé à l’avance).

Notre circuit a été organisé par Matiti Safaris. Le tour était fait sur mesure et très bien organisé. On nous a fourni un classeur avec les différentes étapes, itinéraires et temps de trajet, hôtels et activités possibles (en français, peut-être parce qu’ils étaient en correspondance avec Croisitour, je ne sais pas).

Une fois arrivés à l’aéroport de Windhoek, nous avons pris une navette (offerte avec la location de la voiture) pour nous amener auprès de notre loueur, Africa 4×4 Rentals. Nous avions une Toyota Fortuner 4×4 automatique (nous n’avons utilisé le mode 4×4 qu’une fois mais les routes ne sont que très rarement goudronnées donc je vous le recommande). Je n’ai pas les détails du prix de la location mais d’après ce que j’ai pu voir sur Internet cela revient à minimum 1200CHF pour 11 jours. Il existe des conditions de location assez particulières en Namibie, notamment des limitations de vitesse plus basses que les légales donc lisez bien votre contrat. Notre voiture était équipée d’un traceur qui permettait à l’agence de contrôler notre vitesse (et de nous localiser en cas de problème).

Modalités d’entrée

Pour un séjour inférieur à 90 jours, aucun visa n’est nécessaire. Il suffit de se munir d’un passeport valable 6 mois après la date de retour et qui doit contenir 3 pages vides consécutives (dans notre cas on nous a mis les trois tampons sur la même page mais il vaut mieux éviter tout risque inutile). Si vous voyagez avec vos enfants biologiques, n’oubliez pas de vous munir de votre livret de famille. Si vous voyagez avec des enfants qui ne sont pas les vôtres (ou que leurs deux parents ne sont pas présents), il y a tout un protocole à suivre. Je vous invite à vous renseigner sur le site de la Diplomation française (les informations sont aussi valables pour les ressortissants suisses).

Que visiter

La Namibie est une destination idéale pour découvrir l’Afrique australe, car elle mélange paysages époustouflants et faune très riche.

Sesriem

Le moment de prendre la route est enfin arrivé ! Sur Google Maps l’itinéraire proposé dure environ quatre heures, mais selon notre guide (fait par l’agence), il faut compter plus ou moins 6h30 de route, et l’itinéraire que nous avons emprunté n’est pas suggéré par Google Maps.

Je vais donc vous expliquer l’itinéraire que nous avons emprunté, qui reste probablement le plus beau de notre voyage. Non seulement les paysages sont magnifiques (désertiques et montagneux), mais en plus il est possible d’y voir de nombreux animaux. Nous avons croisé la route de zèbres des montagnes (que nous n’avons pas revu), d’autruches, d’onyx, de gazelles et de babouins. Voir pour la première fois ces animaux africains est un moment magique.
Nous avons pris la M1 en direction du sud pour sortir de Windhoek, pour rejoindre la piste C24 (qui peut devenir très glissante en cas de pluie, vous comprendrez vite pourquoi !). A l’intersection (il n’y en a qu’une), prendre la piste D1261. A Nauchas il faut ensuite tourner à droite pour prendre la piste D1275 (magnifique route mais restez prudent), qui mène à la C14 qu’il faut suivre jusqu’à solitaire. Ensuite suivez la C19 jusqu’à l’intersection avec la D826 où il faut tourner à droite. Il faut y rouler un peu plus de 5km avant de rejoindre l’hôtel où nous logions, qui est bien indiqué sur la gauche.
Nous sommes bien arrivés mais il faisait déjà nuit, donc la visibilité en fin de parcours était très mauvaise (les nuits sont très sombres car il n’y a aucune pollution lumineuse, cela permet néanmoins une visibilité extraordinaire de la voûte céleste).

Nous avons passé deux nuits au Desert Quiver Camp, qui était absolument fabuleux. Il faut compter environ 210CHF pour deux nuits pour deux. Chaque couple dispose ensuite d’un charmant chalet avec salle de bains privée et de la demi-pension (les repas se prennent dans un restaurant situé à 500m). Le camp ne dispose que d’un nombre limité de chalets et il faut donc réserver très en avance (les réservations ouvrent 12 mois à l’avance et le camp n’a pratiquement plus de disponibilités sur les 11 mois à venir !). Le seul petit bémol est qu’il n’y a pas de connection wifi dans les chambres et qu’elle reste instable dans les parties communes.

A 5km de Sesriem se trouve le Sesriem Canyon. Nous n’y sommes pas allés (je ne sais même pas pour quelles raisons), mais le lieu à l’air sublime. Il est possible de s’y balader et il peut y a voir de l’eau lors de la saison des pluies (qui commence en novembre). Je ne suis malheureusement pas en mesure de vous donner plus de renseignements.

Sossuvlei

Pour se rendre à Dead Vlei, il faut compter une heure de route (sur une route carrossable !). Il faut payer l’entrée du site à la sortie de Sesriem et il me semble qu’il est possible de payer en repartant. Les prix sont indiqués ici. Le trajet est très beau et les paysages changeant à force de s’enfoncer dans le désert (et vers les dunes rouges). Il est fréquent d’y croiser des oryx et autruches, ouvrez l’œil !
Pour rejoindre Dead Vlei il existe deux options. La première est de laisser son véhicule dans le premier parking et d’emprunter une navette (payante) pour rejoindre le site ou marcher les 5km restants (en plein désert), c’est le seul choix possible pour les véhicules qui ne sont pas 4×4. La deuxième option est de rejoindre le second parking en roulant dans le sable avec son 4×4. C’est ce que nous avions fait et c’était une drôle d’expérience de rouler dans le sable. Il faut néanmoins être vigilant à ne pas s’enliser (les navettes viendront vous aider en cas de problème).

Depuis le deuxième parking il faut ensuite marcher une bonne vingtaine de minutes (sur environ 1km) pour rejoindre Dead Vlei (attention il n’y a pas d’ombre ailleurs que sous le grand arbre au parking, et pas d’eau). La première partie du trajet n’est pas pénible car il faut marcher sur des plaques d’argile et il n’y a pas trop de sable. Mais il faut ensuite marcher sur une petite dune pour rejoindre le plateau.
Nous avons d’abord marché sur la grande dune à l’est du plateau d’argile pour avoir une vue plus dégagée et je vous recommande d’en faire de même, c’est magnifique. Nous avons ensuite rejoint Dead Vlei pour s’en prendre plein la vue. Il y a des touristes mais leur nombre reste limité donc c’est agréable. Veillez à ne surtout pas touchez les arbres (ni à les escalader), de nombreuses personnes le font mais c’est interdit et cela détériore le site. Quelques onyx solitaires se baladent dans les environs, ce qui rend le paysage encore plus irréaliste. Ce qui le rend si majestueux, c’est le contraste entre le blanc du plateau d’argile, le rouge des dunes et le bleu du ciel ; les arbres ajoutent un décor qui rend le tout exceptionnel.

Nous y sommes allés en octobre, soit en printemps, et les températures étaient déjà très élevées. Je vous recommande donc d’y aller le plus tôt possible pour éviter les fortes chaleurs qui deviennent rapidement insupportables. Prévoyez aussi beaucoup d’eau et de la crème solaire.

De retour à Sesriem nous sommes allés manger au Sesriem Restaurant qui propose des bons plats très abordables (il me semble que le cheeseburger était environ 5CHF) et le personnel est très serviable. Il se trouve à proximité de la station essence (où nous avons profité de faire le plein).

Swakopmund

C’est aujourd’hui près de 7h00 de route qui nous attendent ! Il faut tout d’abord rejoindre la piste C19 pour atteindre Solitaire (où je vous recommande de mettre de l’essence et d’acheter tout ce dont on a besoin pour la journée car la prochaine station-service se trouve à proximité de Swakopmund !). Depuis là, il faut continuer sa route sur la C14 (où on passe le Tropique du Capricorne, annoncé par un panneau). La route est magnifique par endroits, mais elle se trouve en plein désert (du Namib) et le vide devient oppressant. Je n’ai jamais été autant “au milieu de nulle part” que le long de la C14, on peut voir du vide à perte de vue, jusqu’à ce que le ciel rejoigne l’horizon. Avec des illusions d’optique on peut voir les quelques montagnes comme “flotter” au-dessus du sol !

Une fois arrivé à Walvis Bay, plusieurs endroits valent le détour. Nous nous sommes d’abord arrêtés à l’entrée de la ville, au Bird Paradise, un étang (qui sent les eaux usées) qui abrite une importante colonie de flamants nains. L’étang se trouve sur la C14 et il y a quelques places où laisser la voiture. Ensuite nous avons rejoint le Flamingo Lagoon pour voir de nombreux flamants roses (et flamants nains) patauger dans l’Atlantique. Il y en a tellement que c’est impossible de les manquer.
Non loin de là se trouve le Pink Lake, dont nous ignorions l’existence. Nous n’y sommes pas allés mais d’après les photos, l’endroit à l’air extraordinaire.

La route qui mène ensuite à Swakopmund est assez impressionnante car on longe à la fois l’océan et des dunes de sable.

Swakopmund est une ville coloniale (allemande) qui se trouve au bord de l’océan Atlantique. La jetée est très belle et la ville plutôt charmante mais sans grand intérêt. Allez vous baladez sur la A.Schad Promenade pour tenter de voir des pintades de Numidie. Si vous souhaitez acheter un souvenir au marché n’hésitez pas à négocier les prix car les vendeurs commencent avec des prix totalement irréalistes (80CHF pour un rhinocéros en bois ??).

Nous avons passé deux nuits à la Sea Breeze Guesthouse. La chambre double revient a environ 200CHF pour 2 nuits et les disponibilités sont plus importantes que dans les lodges dans le désert. L’établissement est bien placé, le (petit-)déjeuné est très bon et les chambres sont confortables. Le wifi était plus performant que dans d’autres hôtels.

Cape Cross

Situé à 1h30 au nord de Swakopmund, cette réserve abrite une importante colonie d’otaries à fourrure. Il suffit de suivre la piste de sel C34 jusqu’à bifurquer à gauche à l’entrée de la réserve. Vous trouverez les informations sur les prix et horaires sur cette page. En chemin arrêtez-vous pour admirer l’épave du Zeila (désormais habitée par des cormorans), bateau de pêche qui s’est échoué sur la côte en 2008 (la Côte des Squelettes tient son nom des nombreuses carcasses de navires qui s’y trouvent). Il y a un parking à proximité et elle se trouve à une trentaine de minutes de Swakopmund.
Une fois arrivés à Cape Cross, vous verrez probablement les premières otaries sur le parking. Il est possible d’aller se promener sur un petit ponton surélevé à l’abri des otaries. Il y a en a perte de vue, accompagnées de quelques chacals. Le troupeau est très bruyant (leur bruit ressemble au bêlement des chèvres), mais ce qui va probablement le plus vous marquer c’est l’odeur du lieu. Honnêtement j’ai failli vomir en sortant de la voiture tellement l’odeur est forte (elle vient de leurs excréments), mais le pire c’est qu’elle est tenace (on a pu se changer directement en rentrant et en profiter encore quelques jours dans la voiture…). Mais ça fait partie de l’expérience !

Sandwich Harbour

Ne faites pas la même erreur que nous et faites une excursion qui vous fera admirer les dunes de sable rouge qui se jettent dans l’océan. Ce lieu est unique au monde et il serait dommage de le manquer. Il faut réserver le tour avec un guide car l’exploration autonome peut être dangereuse. Je n’ai donc pas plus d’informations à vous donner, je me souviens juste que le tour était cher (c’est pour cela que nous sommes seulement allés à Cape Cross). Il existe des options d’une demi-journée ou d’une journée complète.

Twyfelfontein et le Damaraland

Direction l’un des plus beaux endroits de la Namibie (voire du monde, les paysages sont vraiment exceptionnels) et probablement dans l’un des endroits les plus perdus aussi. C’est aussi le seul endroit d’Afrique où il est possible de voir des éléphants totalement sauvages (ils ne sont pas dans un parc national).
Pour rejoindre la région de Twyfelfontein il faut compter six heures de route. On entre dans une région où il est possible de croiser des éléphants dans la nature. On commence l’itinéraire sur la C34, puis bifurquer sur la C35. On passe par Uis, seule “ville” des environs. Après une bonne cinquantaine de kilomètres (à vue de nez), on tourne à gauche sur la piste D2612. On gagne ensuite la C39 qui nous mène à proximité de notre camp (indiqué sur la C39). Les paysages sont à couper le souffle (on peut voir le Massif du Brandberg, les plus hautes montagnes du pays et des terres qui semblent très volcaniques, avant de rejoindre le désert). On croise relativement peu d’animaux mais passablement de populations locales (on se demande d’ailleurs comment ils font pour survivre dans de telles conditions, il est dur d’imaginer trouver de l’eau).

Nous logions au Camp Xaragu (vous trouverez les informations sur ce site, mais en ce moment – décembre 2022 – le camp est fermé jusqu’à nouvel avis). J’ai rarement rencontré des gens si accueillants et bienveillants. Si nous arrivions à la nuit tombée ils nous attendaient pour être sûrs que nous n’avions pas eu de problème, on nous chauffait de l’eau (au feu de bois pour se doucher) tous les soirs et le service au “restaurant” était parfait. Néanmoins le camp ne comporte pas de wifi (ni électricité) et les tentes n’étaient pas totalement hermétiques (nous avions donc des araignées très bizarres qui s’invitaient, des moustiques et un rongeur qui est venu manger nos provisions en pleine nuit !). Le camp est aussi parfois visité par des troupeaux d’éléphants et autres animaux ! Cet endroit est vraiment unique.

Twyfelfontein

Ce site est connu pour ses peintures rupestres vielles de 6000 ans. Un guide est obligatoire et l’entrée revient à 250NAD par personne, le tour dure un peu moins d’une heure. Il faut donc marcher sur des chemins escarpés au milieu des rochers (et d’ailleurs les éléphants s’y promènent aussi parfois !) et il n’y a pas d’ombre. Mais il y en a à l’accueil (ainsi que des toilettes et un petit magasin).
Il y a beaucoup de peintures et gravures sur le site, surtout d’animaux de la savane. La plus connue est le lion avec une main au bout de la queue (il est sur la photo ci-dessous). J’ai apprécié cette visite mais elle nous a surtout servi à passer le temps en attendant l’excursion pour aller voir les éléphants du désert.
Depuis la piste D2612, il faut rejoindre la D3254, puis la D3214. Le site se trouve à moins de dix minutes de route du départ de l’excursion pour aller voir les éléphants du désert.

Montagne brûlée

Au bout de la piste D3254, à une dizaine de minutes en voiture de Twyfelfontein se trouve la Burnt Mountain et les orgues basaltiques (formations dues à une activité volcanique, similaires à celles que l’on peut trouver en Irlande du Nord ou en Islande). Il est possible de se promener aux alentours mais les chemins sont assez escarpés (je suis d’ailleurs tombée en redescendant !). L’entrée coût aussi 250NAD (ce qui est pour le coup relativement cher).

Les éléphants du désert

Les moments passés avec les éléphants du désert font partie des meilleurs de ma vie.
L’excursion est proposée par la Twyfelfontein Country Lodge, que l’on peut rejoindre depuis la piste D3214 ou D3254. Le tour part tous les jours (sous réserve des conditions météos) à 15:00 (il faut se présenter quinze minutes avant le départ) et le nombre de place est limitée (il est possible de réserver sur place, ce que nous avons fait, ou à l’avance). Je ne me souviens pas du prix et il n’est pas indiqué sur le site, mais je me souviens que ce n’était pas donné, mais cela vaut franchement la peine. Le tour dure environ quatre heures avec un guide, mais il n’est pas garanti de voir les éléphants (même s’il me semble que c’est le cas la plupart du temps). Il est possible de se restaurer sur place mais c’était assez cher et pas exceptionnel.

En partant on tombe assez rapidement sur des antilopes (animal que nous observions pour la première fois !). Les paysages sont absolument magnifiques. On roule en plein désert et on est seul. On roule pendant plus d’une heure, en croisant un village perdu au milieu de nulle part (comment font-ils pour vivre dans un milieu aussi aride ?), quelques vaches et une cigogne.

Le guide repère d’abord les empreintes des éléphants dans le sable et suit leur direction. A peine quelques minutes plus tard on débouche sur une “clairière” où se trouve une mère et son éléphanteau. C’est à ce moment-là que je prends conscience de la taille et de la grâce de ces animaux. On s’approche et ils n’ont pas peur de nous. Le petit joue même avec la voiture ! Voir ces éléphants dans un cadre aussi exceptionnel est juste magique. On passe une bonne vingtaine de minutes vers eux (voire plus mais j’ai perdu toute notion du temps).

En repartant on peut apercevoir au loin un autre groupe d’éléphants, et après encore une dizaine de minutes de route on croise un immense éléphant mâle. Ces animaux sont extraordinaires. L’émotion que l’on ressent face à ces majestueux êtres est difficile à décrire, mais vous le comprendrez en le vivant à votre tour.
Nous avons ensuite pu voir des babouins, une mère et ses petits qui jouaient dans les dunes de sable. Ils paraissaient presque humains. Les paysages sont magnifiques, le couché de soleil est à 180 degrés (je n’ai jamais vu un tel dégagement en Europe) et un orage approchant rend le ciel surréel. On prend un instant pour descendre de la voiture et prendre un apéro au coucher du soleil, au milieu du Damaraland. Je ne crois pas qu’il y ait de meilleure manière de terminer la journée !

Etosha

C’est aujourd’hui cinq heures de route qui nous attendent. Il faut prendre la C39 jusqu’à Outjo, où l’on part à gauche sur la C38 jusqu’à l’entrée du parc national. Sur la route nous avons vu énormément de termitière (qui sont vraiment immenses !) et plusieurs phacochères (attention à ne pas les écraser car ils passent sous les barrières sur le bord de la route). A l’approche d’Etosha nous avons même vu nos premières girafes (dont la tailles est vraiment impressionnante) !
Avant de venir dans le parc nous avions déjà vu plusieurs animaux sauvages (ou parfois dans les fermes de chasses, j’en parle dans le bilan), dont des éléphants, des gazelles, antilopes et oryx, autruches, babouins et zèbres. Mais à Etosha on va voir énormément de nouvelles espèces et profiter de meilleures conditions d’observation pour les autres. Terminer notre voyage par Etosha est le meilleur moyen de s’en prendre plein la vue avant de quitter la Namibie. L’une des spécialités de ce parc est le “Pan” qui couvre la majeure partie du parc. Ancien lac, il ne reste qu’une couche de sel (mais redevient un lac peu profond lors de la saison des pluie). Le sel se disperse avec le vent et recouvre tout pour donner l’impression de paysages enneigés (même les éléphants deviennent blancs !).

Il faut payer l’entrée à la porte (les prix sont indiqués ici), et présenter une pièce d’identité. Les gens aux portes ne sont pas très sympas mais c’est un passage obligatoire. Les horaires du parc s’adaptent au lever et au coucher du soleil (impossible d’entrer s’il fait nuit).
Nous avions à peine franchi les portes que nous nous sommes retrouvés nez à nez avec une girafe ! Nous croisons beaucoup de gazelles, de zèbres et de gnous, et aussi des éléphants ! La richesse de la faune est exceptionnelle (même si la Namibie ne reste pas le pays le plus adapté aux safaris). Pour ce premier nous sommes restés à l’ouest du parc car nous n’avions qu’une demi-journée pour visiter (nous avons passé la matinée sur la route) et passions la nuit à Okaukuejo. Nous roulions un peu au hasard en passant par les divers points d’eau.

Nous avons passé une nuit à l’Okaukuejo Camp (210CHF pour une nuit dans une chambre double avec demi-pension) que je vous recommande ABSOLUMENT. Les chambres et le service sont correctes, mais il y a surtout un point d’eau visible depuis l’enceinte de l’hôtel où il y a pleins d’animaux. Et le meilleur c’est que tous les soirs entre 20:00 et 22:00 des rhinocéros noirs y passent (ils parcourent leur territoire de la même manière chaque jour), il est donc pratiquement garanti d’en voir alors que l’espèce est menacée.
Nous avons passé quelques heures sur les gradins à observer le point d’eau et nous avons vu des éléphants, girafes, hyènes, rhinos noirs, impalas, zèbres, gazelles et pintades. Bref ça vaut vraiment la peine.

Nous reprenons la route pour traverser le parc afin de se rendre à Onguma. Pour retourner à l’intérieur d’Etosha il faut payer les frais d’entrée à l’hôtel directement (la preuve sera demandée à la sortie du parc en fin de journée).

Pour voir le plus d’animaux possibles soyez attentifs aux autres. Quand il y a un regroupement de voitures il y a souvent un animal intéressant à voir (rhinocéros ou félin par exemple). Les points d’eau rendent l’observation plus facile mais il faut rester attentif en dehors (les antilopes et éléphants sont fréquents aux sources d’eau, les autres moins). Il est strictement interdit de sortir du véhicule, sauf vers les toilettes et aires de pique-nique. Avant de sortir vérifiez toujours autour de vous pour éviter les mauvaises surprises.
La journée a été très riche en émotion, nous avons vu énormément d’animaux et pratiquement tous ceux que nous souhaitions voir absolument (dont un lion mâle !). Nous avons aussi vu des tornades miniatures à plusieurs reprises. Bref, comme on dit, une image vaut mille mots, je vous laisse donc avec mes photos préférées de la journée.
Si jamais il se met à pleuvoir faites attention sur la route car les tortues sont de sorties et se baladent sur la route goudronnée.

Nous avons passé les deux nuits suivantes à l’Onguma Bush Camp (520CHF pour deux nuits en chambre double avec demi-pension) qui se trouve dans une réserve privée à côté d’Etosha. Il dispose aussi d’un point d’eau donc nous avons pu (petit-)déjeuner en observant des girafes ! Cependant il y a moins d’animaux qu’à Etosha et il n’est pas permis de se faire un safari dans la réserve librement (ce que je trouve très dommage). Sinon le camp est sympa et le personnel très aimable. On a croisé des suricates à proximité et un petit serpent devant notre hutte !

Nous avons réservé un safari à Etosha auprès de notre camp pour le lendemain matin (1010$ par personne). L’avantage de faire un safari avec un guide c’est que tous les guides communiquent entre eux afin de voir le plus d’animaux possibles (et les plus intéressants). Malheureusement il avait plus la nuit juste avant et donc les animaux n’avaient pas besoin de se rendre aux points d’eau. Mais nous avons quand même eu le privilège de voir une hyène, des élans, et surtout un léopard !

Nous aurions aimé refaire un tour en fin de journée mais il n’y avait plus de place… Mais nous avons tout de même pu voir quelques animaux au sein de la réserve où nous logions.

Windhoek

Le voyage touche déjà à sa fin. On reprend la route pour la capitale, le trajet demande environ 8h00. On emprunte d’abord la route B1 jusqu’à Zumeb, puis on suit la direction d’Otavi (toujours sur la B1). On reste sur la même route à Otjiwarongo qui nous mène à Windhoek. On croise sur le chemin les derniers animaux que l’on verra (dont une girafe à proximité de la capitale !?).
En chemin on s’arrête à la Crocodile Farm Otjiwarongo. L’entrée est à 100$ par personne pour voir divers reptiles (dont des crocodiles présents en Namibie ou des tortues géantes). Il est même possible de prendre un bébé crocodile dans ses mains (avec un guide).

Nous n’avons pas vraiment visité Windhoek mis à part en roulant à travers la ville. Il n’y a pas d’attractions particulières et quand on voir les barbelés et caméras autour de nombreuses maisons cela ne donne pas spécialement envie.

Nous avons passé notre dernière nuit à la Londiningi GuestHouse (87CHF la nuit pour deux avec (petit-)déjeuner). L’établissement est tenu par des Français et est très sympathique.

Retour

Nous sommes allés restitué la voiture pour 10:00, avant qu’ils ne nous ramènent à l’aéroport (il faut y être deux heures avant le départ du vol).
Notre avion décollait à 12:40 pour arriver à Doha à 23:05. Nous redécollions à 2:05 et finalement arriver à 7:20 à Zurich.

Tout c’est encore une fois très bien passé.

Carnet pratique

Informations générales

Un avantage lorsque l’on roule en Namibie, c’est que la plupart des routes sont protégées par des barrières pour éviter que des animaux traversent n’importe où. Cela rend la conduite plus sûre, même si les phacochères arrivent parfaitement passer dessous. Mais ces barrières cachent en fait de nombreuses fermes de chasse. Des touristes paient pour aller tuer des animaux de la savane dans ces fermes. Je trouve cela absolument désolant, car ces animaux sont tout de même sauvages (même s’ils sont enfermés sur un territoire).

Nourriture

Il est parfois possible de manger du zèbre, de l’oryx ou d’autres types d’antilopes dans des restaurants touristiques. Sinon la nourriture est très variée (on retrouve des influences allemandes, portugaises et britanniques). Dans les plats traditionnels on trouve une fort influence sud-africaine avec le Pap (ressemble à de la polenta mais sous forme de galettes), des épinards épicés, divers ragoûts, des chenilles (!), du riz… Nous avons de manière générale très bien mangé.

Logements

La qualité des hébergements en Namibie est assez exceptionnelle, donc les nuitées sont chères. Dans les endroits les plus reculés (Sesriem et le Damaraland en particulier), il est important de réserver très en avance car les places partent très vite (en partie à cause des tours opérateur qui réservent la majorité des chambres). Il existe aussi des camps pour dormir mais je n’ai pas beaucoup apprécié être entourée d’araignées et autres animaux. Je ne me verrais pas passer deux semaines comme ça, mais cela permet de réduire les coûts. La demi-pension est généralement proposée d’office.

Une autre option est de louer une voiture avec une tente sur le toit. Il faut juste prévoir la nourriture en suffisance car les magasins sont rares dans les endroits les plus reculés et les repas dans les lodges sont très chers.

Transports

Je vous recommande vivement de voyagez en voiture si vous en avez la possibilité. Il existe une ligne de chemin de fer mais elle n’est pas pertinente pour les touristes et je n’ai pas vu de bus. Si ce n’est pas possible pour vous, la meilleure option est de passer par un tour opérateur pour faire un voyage de groupe (dans un bus avec chauffeur). L’option 4×4 nous a été utile une fois, mais la plupart des touristes roulent avec des 4×4. Les locaux aussi, même si l’on croise aussi des véhicules normaux sur les pistes.

Nous avons parcouru environ 2800km lors de ce voyage, j’estime donc que nous avons dû faire environ six pleins (le 4×4 était diesel). Il faut savoir que l’essence coûte environ 1CHF/litre. N’attendez jamais que le réservoir soit vide avant d’aller faire le plein, mais remplissez votre réservoir à chaque station-service que vous croiserez (les pompes à essence sont très rares en-dehors des villes). Il faut aussi contrôler la pression des pneus tous les jours pour éviter les risques de crevaison (la pression diminue très vite à cause des pistes). Avec notre voiture on avait deux roues de secours, ce qui peut être vraiment utile. Mais nous n’en avons pas eu besoin.

Matériel à emporter

Si vous partez en safari à l’autre bout du monde, cela vaut vraiment la peine d’investir dans du matériel photo. Nous avions un Nikon D5500 avec un zoom x25 en plus. Nous avons croisé des cars de touristes à Etosha avec des gens qui photographiaient le léopard avec un iPad… Je trouve cela vraiment dommage.

Sinon voici une liste non-exhaustive de matériel utile à prendre :

  • Répulsif à insectes
  • Crème solaire
  • Micropur pour purifier l’eau courante
  • Appareil photo
  • Jumelles
  • Maillot de bains (les lodges sont souvent équipées d’une piscine)
  • Pharmacie

Guides

Nous avions pris le Lonely Planet sur la Namibie (4ème édition, n’est plus disponible sur leur site). Les informations présentées sont toujours pertinentes et intéressantes, mais en partant avec une agence le guide n’est pas vraiment nécessaire.

Nous avions un livret de notre agence avec toutes les informations importantes et un petit guide pour reconnaître les animaux. J’ai trouvé ce site, qui répertorie les principales espèces de Namibie.

Argent

Nous avons changé des CHF en NAD à l’aéroport car il n’y a pas de bureau de change à chaque coin de rue en Namibie, ni de distributeurs (sauf dans les “grandes” villes).
Il est possible de payer par carte dans les lodges, supermarchés et certains attractions touristiques. Mais l’essence se paie toujours en cash, il faut en prévoir suffisamment.

Santé

La Namibie est un pays assez sûr dans l’ensemble. Il faut néanmoins emmener des médicaments contre la Malaria car si le risque est faible il existe quand même (en Suisse on ne les prend qu’en cas de symptômes mais dans d’autres pays il est recommandé de les prendre en prévision, consultez votre médecin avant le départ). Il ne faut surtout pas boire l’eau du robinet (sauf si elle a été purifiée) car elle peut transmettre l’hépatite E. Il n’y a pas de vaccin obligatoire, mais l’hépatite A est recommandé et il faut être vacciné contre la fièvre jaune si vous revenez d’un pays à risque (pour plus de précisions : Diplomation française). Sachez aussi que la Namibie est l’un des pays avec le plus haut taux de Sida au sein de sa population.
Il est aussi possible que vous attrapiez la tourista (surtout en achetant des salades en supermarché), mais nous n’avons pas tellement été malades.

Bilan

Ce voyage a été un véritable coup de cœur pour chaque membre de ma famille. Les paysages sont magnifiques (j’adore les endroits désertiques) et la faune est exceptionnelle. Nous avons eu la chance de voir tous les animaux que nous souhaitions voir (alors que les félins sont plutôt rares en Namibie). Je ne peux que vous recommander de vous rendre dans cet incroyable pays.
Par contre si je préfère généralement organiser mes voyages moi-même, je pense que passer par une agence pour partir en Namibie est tout de même un plus. Cela permet d’obtenir facilement toutes les informations pratiques et d’être suivis tout au long de l’itinéraire (si jamais on avait une crevaison au milieu de nulle part des gens en Namibie en étaient informés). Mais en contrepartie cela augmente considérablement les coûts du voyage.

Je tiens à préciser que toutes les photos présentes dans cet article ont été prise par un membre de ma famille ou par moi. Il est possible que vous les trouviez sur d’autres sites car nous les avions partagées de manière libre de droit.

Budget

Les réservations nous ont coûté 2860CHF par personne (via l’agence). Ce prix comprend les vols, la location de la voiture, les hébergements et les frais de dossier. A cela s’ajoutent environ 600CHF d’essence, environ 120CHF de nourriture (les repas sont bon marché et nous avions la demi-pensions presque partout) et 250CHF d’activités (ces chiffre sont des estimations car je n’ai plus les détails de nos dépenses sur place).
Nous étions quatre lors de ce voyage mais les chambres étaient doubles. Cependant la voiture nous a coûté “peu cher” puisque si j’avais voyagé seule le prix aurait été le même mais pour une seule personne.
Comme je n’ai pas le détail de ce que nous avons payé à l’agence, j’ai fait une estimation avec les prix des hôtels sur Internet mais j’arrive à un montant bien inférieur à ce que nous avons payé à l’agence. Je vous mets tout de même un graphique pour voir quels domaines coûtent le plus chers.

Vols : 750CHF
Hébergements : 720CHF
Voiture : 600CHF
Activités : 250 CHF
Nourriture : 120CHF
Frais de dossier : Inconnus
Total : 3380CHF par personne

Coups de cœur

Voici les endroits que j’ai préféré en Namibie :

  1. Parc national d’Etosha
  2. Damaraland
  3. Dead Vlei
  4. Swakopmund

Animaux

Voici une liste non-exhaustive des animaux que nous avons pu observer :

  • Félins : lions, guépards et léopard
  • Chacals
  • Antilopes : élans, gazelles, koudous, oryx, dik-dik, impalas, gnous
  • Grands herbivores : girafes, éléphants (dont ceux du désert), rhinocéros noirs et blanc, zèbres
  • Oiseaux : autruches, flamants (roses et nains), calao à bec jaune (aka Zazou), pintades

Conclusion

Ce voyage aura été l’un des plus riches de ma vie. Le pays est encore méconnu et loin de ce que l’on connaît en Occident. Sa faune est exceptionnelle, ses paysages magnifiques et son peuple d’une bienveillance sans pareil. Je ne peux que vous encourager à partir à la découverte de la Namibie.
Si je ne suis pas une adepte des voyages organisés par des agences je vous conseille tout de même de passé par un opérateur car les hôtels sont rapidement réservés par les agences et les disponibilités sont limitées, de plus il vaut mieux être bien encadré pour partir à la découverte d’un pays si sauvage.

J’espère vous avoir donné envie de voyager en Namibie et de vous avoir inspiré. A très vite !